Pour la préservation des vérités historiques et la responsabilisation face au négationnisme des pensionnats autochtones
Le Centre national pour la vérité et la réconciliation (CNVR) prend acte des récentes déclarations du premier ministre du Manitoba, Wab Kinew, concernant le négationnisme des pensionnats autochtones. Nous exprimons notre plus profond respect envers le premier ministre Kinew, son leadership et son engagement envers les peuples autochtones, la vérité et la réconciliation au Manitoba et dans tout le Canada.
Le CNVR partage la conviction du premier ministre selon laquelle l’éducation est un outil essentiel pour lutter contre la mésinformation et favoriser la compréhension mutuelle – une responsabilité que le CNVR assume fièrement au quotidien. S’il est essentiel d’enseigner la véritable histoire du système des pensionnats autochtones au Canada, l’éducation à elle seule ne suffit pas.
Le négationnisme des pensionnats autochtones n’est pas simplement une divergence d’opinion ou une incompréhension de l’histoire : il s’agit d’une forme délibérée de malveillance. La diffusion intentionnelle de récits mensongers, d’un discours haineux et la minimisation des expériences des survivants infligent un traumatisme réel et récurrent aux survivants, à leurs familles et à leurs communautés.
Lorsque le négationnisme cible des communautés, bafoue la mémoire des enfants disparus et conteste des preuves documentées, il franchit la ligne qui sépare le débat de la malveillance. C’est pourquoi le CNVR soutient fermement les mesures législatives, y compris la criminalisation, qui visent la promotion intentionnelle du négationnisme des pensionnats autochtones, créant ainsi des mécanismes juridiques exécutoires pour tenir les auteurs responsables de leurs actes.
Nos préoccupations face au négationnisme sont indissociables de notre devoir sacré de protéger les archives historiques. La vérité exige des preuves, et ces preuves doivent être préservées.
La destruction imminente des documents du Processus d’évaluation indépendant (PEI) et du Mode alternatif de règlement des conflits (MARC) met en évidence le grave danger qui pèse sur notre mémoire nationale. Ces dossiers confidentiels contiennent des témoignages de première main irremplaçables sur les abus systémiques subis par des milliers de survivants des pensionnats autochtones. Autoriser la destruction de ces dossiers entraînera de dangereuses lacunes dans les archives historiques, lacunes que les négationnistes exploiteront pour remettre en question les réalités du génocide et des torts sanctionnés par le gouvernement.
Comme le souligne le récent jugement de la 57e session du Tribunal permanent des peuples, la préservation des preuves et la lutte contre le négationnisme des pensionnats autochtones constituent des obligations fondamentales en matière de justice, de droits de la personne et de responsabilité du gouvernement. La destruction ou la suppression des archives favorise directement l’effacement de l’histoire, alimentant ainsi le cycle du négationnisme.
La réconciliation ne peut exister sans la vérité, et la vérité ne peut survivre sans protection. L’éducation constitue le fondement de la compréhension, mais la responsabilité juridique offre les balises nécessaires pour protéger les survivants contre la haine et veiller à ce que les vérités historiques ne soient jamais minimisées ni effacées.
